13 juin 2024

Nagui et Léa Salamé : ce projet dangereux qu’ils refusent absolument !

Les deux figures emblématiques du service public, Nagui et Léa Salamé, ont décidé de s’unir pour dénoncer un projet qu’ils jugent « dangereux » et « précipité ». Ce projet, porté par la ministre de la Culture Rachida Dati, vise à fusionner France Télévisions, Radio France et l’INA en une seule entité. Une initiative qui suscite de vives inquiétudes parmi les professionnels du secteur.

Un projet controversé

Rachida Dati a repris un dossier initié par Franck Riester, mais mis en pause par la pandémie. La ministre de la Culture est déterminée à mener à bien la fusion de l’audiovisuel public avant la campagne présidentielle de 2027. Cette fusion donnerait naissance à une nouvelle entité dirigée par un PDG nommé pour cinq ans par l’Arcom, une nomination qui elle-même dépend du président de la République. Cette centralisation du pouvoir inquiète profondément les salariés des trois entités concernées.

Un « risque démocratique »

Le 22 mai 2024, Le Monde a publié une tribune signée par 1100 employés de Radio France, dont des personnalités comme Léa Salamé, Nagui, Sonia Devillers et Nicolas Demorand. Ils dénoncent le risque de « placer les radios et télévisions publiques en situation de dépendance directe du pouvoir politique ». Les signataires craignent pour l’indépendance des médias de service public, soulignant que la nomination d’un PDG unique aux pleins pouvoirs pourrait compromettre cette indépendance. « Nous craignons pour l’indépendance de vos médias de service public lorsque l’on nommera, pour cette superstructure, un ou une PDG unique, aux pleins pouvoirs », écrivent-ils.

Les opposants au projet soulignent également les risques économiques. La lettre publiée dans Le Monde rappelle que « la création d’une entreprise unique coûtera très cher ». Nos confrères du Parisien ont également rapporté que « le seul alignement des grilles de salaires de Radio France sur celles, mieux pourvues, de France Télévisions, pourrait, par exemple, coûter entre 30 et 50 millions d’euros par an ». Les salariés rappellent également que la suppression de la redevance a été votée « quasi sans débat », ce qui a déjà fragilisé le financement de l’audiovisuel public.

Le projet de fusion est également contesté par cinq anciens ministres de la Culture : Rima Abdul-Malak, Roselyne Bachelot, Renaud Donnedieu de Vabres, Fleur Pellerin et Jacques Toubon. Dix syndicats de France Radio et de France Télévisions ont déposé un préavis de grève pour les 23 et 24 mai 2024. Les opposants au projet craignent de « voir toujours les mêmes visages, d’entendre toujours les mêmes voix vous délivrer les mêmes contenus recyclés indifféremment à la télé, à la radio et sur le Web ». Ils dénoncent également la volonté de déplafonner la publicité sur les antennes de Radio France, ce qui pourrait faire dépendre les choix de programmes des revenus publicitaires.

Le débat est loin d’être clos, et la mobilisation des figures emblématiques du service public comme Nagui et Léa Salamé montre bien l’ampleur des inquiétudes suscitées par ce projet de fusion. Affaire à suivre…

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