13 juin 2024

Eric Zemmour : dans le viseur de la CEDH suite à des propos « intolérables » sur CNews

Dans l’arène toujours vive des débats télévisés, CNews se retrouve au cœur d’un jugement crucial de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). L’affaire, ancrée dans une controverse suscitée par les propos d’Eric Zemmour, ancien candidat à l’élection présidentielle et figure médiatique polarisante, a conduit la chaîne à chercher justice au niveau européen après une décision du CSA. Allons au fond de cette décision qui réaffirme la délimitation entre la liberté d’expression et ses restrictives frontières légales.

Évaluation du cadre légal

La liberté d’expression bénéficie d’un niveau élevé de protection, surtout lorsqu’elle se manifeste dans le cadre d’un débat d’intérêt général. C’est l’essentiel qu’a rappelé la CEDH dans son jugement, précisant toutefois que cette liberté n’est pas illimitée. La cour a souligné que l’incitation à la violence, à la haine ou à l’intolérance ne peut être tolérée, marquant ainsi la ligne rouge que nul ne doit franchir dans l’exercice de ce droit fondamental.

Rejet de l’appel de CNews

Quand il s’agit de propos susceptibles de légitimer la violence ou de promouvoir l’intolérance, la CEDH ne prend pas ces allégations à la légère. La Cour a donc soutenu l’appréciation initiale du CSA et du Conseil d’État, affirmant que les propos d’Eric Zemmour avaient établi un lien préjudiciable entre l’immigration, l’islam et l’islamisation, et propageaient potentiellement des violences envers des groupes définis par leurs croyances religieuses.

Réactions en chaîne

Cette décision fait suite à un flot impressionnant de réactions du public, avec environ 2 300 plaintes adressées au CSA concernant les commentaires faits sur le plateau de CNews. En réponse, le CSA a statué que la chaîne devait prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que ses programmes ne favorisent pas la haine ou la violence. Malgré la décision défavorable du Conseil d’État et maintenant de la CEDH, CNews avait invoqué la violation de sa liberté d’expression dans sa requête à Strasbourg – un appel que la CEDH a jugé irrecevable.

Finalement, cette décision récente de la CEDH ressert le garde-fou juridique autour des discours médiatisés, rappelant aux plateformes de diffusion leurs responsabilités dans la régulation du contenu qu’elles diffusent. La balance entre la liberté d’expression et la protection de l’ordre public reste donc un exercice délicat, mais essentiel à la préservation des droits et de la sécurité de tous.

crédit photo : capture d’écran CNews

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *