
Une vive polémique secoue le monde du cinéma français. Près de 600 professionnels du septième art ont signé un texte dans Libération pour dénoncer le poids grandissant de Vincent Bolloré dans leur secteur. Cette prise de position collective a déclenché des réactions virulentes, tant du côté de Canal+ que des défenseurs de la chaîne cryptée.
Une tribune qui enflamme le monde du cinéma
Le collectif « Zapper Bolloré » a publié dans les colonnes de Libération un texte signé par environ 600 professionnels du cinéma. Parmi les signataires, on retrouve des noms prestigieux comme Juliette Binoche, Anna Mouglalis ou encore le photographe Raymond Depardon.
Ces artistes dénoncent l’influence croissante de Vincent Bolloré sur le cinéma français. Leurs inquiétudes portent notamment sur l’indépendance de la création et les risques de contrôle idéologique du secteur.
Canal+ menace de représailles
La réaction ne s’est pas fait attendre du côté de la chaîne cryptée. Maxime Saada, président du directoire de Canal+, a répondu fermement en menaçant les signataires de représailles professionnelles.
Cette réponse musclée a elle-même suscité des remous. Gaëtan Bruel du Centre national du cinéma a qualifié cette réaction de préoccupante, insistant sur l’importance fondamentale de la liberté de critique dans le milieu artistique.
David Lisnard monte au créneau
Le maire de Cannes, David Lisnard, n’a pas mâché ses mots face à cette tribune. Il a qualifié le texte d’« ingrat, masochiste, imbécile », prenant ouvertement la défense de Canal+.
L’élu cannois rappelle que la chaîne constitue le principal financeur du cinéma français. Selon lui, aucune ingérence idéologique avérée ne peut être reprochée à Canal+ dans ses choix de financement.
Un soutien financier incontournable
David Lisnard met en avant le rôle crucial de Canal+ dans l’économie du cinéma hexagonal. Il reproche aux signataires leur manque de reconnaissance envers ce financement essentiel qui permet la production de nombreux films français.
L’ombre d’UGC aggrave les inquiétudes
Les craintes du milieu cinématographique s’amplifient avec l’entrée récente de Bolloré au capital d’UGC. Cette acquisition suscite des inquiétudes légitimes sur un contrôle accru du cycle de vie des films.
De la production à la distribution en passant par l’exploitation en salles, l’emprise du groupe Bolloré pourrait s’étendre à toutes les étapes. Un scénario qui alimente les débats sur l’indépendance du cinéma français.
Un débat sur l’indépendance culturelle
Au-delà des personnalités en présence, cette polémique pose des questions fondamentales. Comment garantir l’indépendance de la création cinématographique face à la concentration des moyens de financement ?
Le débat oppose deux visions : celle qui privilégie la reconnaissance du soutien financier indispensable, et celle qui alerte sur les risques d’une influence excessive sur les contenus artistiques.




