
Sophie Marceau, l’icône du cinéma français, fête ses 59 ans ce 17 novembre 2025. Derrière son sourire éclatant, l’actrice cache des souvenirs douloureux, notamment ceux d’un tournage éprouvant avec le cinéaste Maurice Pialat. Retour sur une expérience marquante qui a laissé des cicatrices indélébiles.
« Il hurle, déstabilise, insulte »
En 1985, Sophie Marceau, alors âgée de 18 ans, rejoint le casting du film « Police » de Maurice Pialat, aux côtés de Gérard Depardieu. Ce qui devait être une étape décisive dans sa carrière s’est transformé en cauchemar. Maurice Pialat, connu pour son tempérament explosif, n’a pas épargné la jeune actrice. « Il hurle, déstabilise, insulte », se souvient-elle. Le cinéaste, frustré de ne pas avoir obtenu Sandrine Bonnaire pour le rôle, reporte sa colère sur Sophie Marceau, la qualifiant de « petite conne » et même de « grosse conne » lors d’une interview à la radio.
« Les claques se répètent, de plus en plus fortes »
Le tournage est chaotique : réécritures de scénario à la dernière minute, techniciens renvoyés sur un coup de colère, et une scène d’interrogatoire où Gérard Depardieu est sommé de gifler réellement Sophie Marceau. « Les claques se répètent, de plus en plus fortes », raconte-t-elle, évoquant un « duo infernal » avec Pialat. L’actrice finit en larmes, subissant une violence physique et symbolique.
Sophie Marceau a tenté de dénoncer ces abus, mais s’est heurtée à un mur de silence. « À l’époque, on ne m’a pas écoutée… C’était moi le petit diable, ‘la grosse connasse’. Et ça n’a choqué personne », confie-t-elle dans Vogue en 2024. Elle décrit un Gérard Depardieu « mal élevé, mal poli », imposant sa domination sur le plateau. Des gestes déplacés, des attitudes humiliantes, et une équipe qui rit sans intervenir.
Quarante ans plus tard, alors que Gérard Depardieu fait face à des accusations d’agressions sexuelles, le témoignage de Sophie Marceau prend une résonance nouvelle. « Que tu sois Gérard Depardieu ou Maurice Pialat, tu ne traites pas les gens comme ça. Point barre », déclare-t-elle dans Paris Match. Son récit, ignoré à l’époque, apparaît désormais comme un signal d’alarme précoce dans un milieu qui a longtemps préféré préserver ses monstres sacrés.




