
La soirée qui devait être placée sous le signe de l’humour a viré au face-à-face tendu entre un artiste controversé et des militantes déterminées. Le retour sur scène d’Ary Abittan continue de susciter des réactions virulentes malgré la décision de justice qui l’a blanchi des accusations de viol qui pesaient contre lui.
Une interruption organisée et revendicative
Le 6 décembre 2023, alors que l’humoriste se produisait devant une salle comble aux Folies Bergères à Paris, plusieurs militantes du collectif féministe Nous Toutes ont fait irruption dans la salle. Brandissant des pancartes et scandant à l’unisson « Ary Abittan, violeur ! », elles ont provoqué une interruption momentanée du spectacle.
La sécurité est rapidement intervenue pour évacuer les manifestantes, mais l’incident a créé un climat de tension palpable dans la salle. Des témoins rapportent que des propos injurieux ont été proférés à l’encontre des militantes pendant leur évacuation.
Un parcours judiciaire qui divise l’opinion
L’action du collectif Nous Toutes s’inscrit dans un contexte judiciaire complexe. En 2021, l’humoriste avait été accusé de viol par une femme de 23 ans, ce qui avait brutalement interrompu sa carrière et l’avait éloigné des projecteurs.
De l’accusation au non-lieu
Après une enquête approfondie, la justice a finalement prononcé un non-lieu, estimant que les preuves présentées n’étaient pas « graves ou concordantes ». Cette décision a été confirmée en appel en janvier 2023, permettant à Ary Abittan de reprendre progressivement sa carrière artistique.
Pour le collectif Nous Toutes, cette décision judiciaire ne signifie pas pour autant une réhabilitation complète. Leur position est claire : un non-lieu ne constitue pas un acquittement et ne devrait pas, selon elles, permettre un retour à la normale dans la vie publique et professionnelle.
Un retour sur scène contesté
Le spectacle « Authentique », que présente actuellement Ary Abittan, marque son retour officiel après une période d’absence liée à l’enquête. Mais ce come-back ne se fait pas sans heurts.
Des actions militantes répétées
L’incident des Folies Bergères n’est pas isolé. En mai 2024, la façade d’un théâtre à Tours où se produisait l’humoriste avait déjà été taguée par des opposants à son retour sur scène.
Ces manifestations illustrent la fracture qui persiste dans l’opinion publique. D’un côté, les fans qui estiment que la justice ayant tranché, l’artiste doit pouvoir poursuivre sa carrière. De l’autre, des collectifs et des militants qui considèrent que certaines accusations, même sans condamnation, devraient avoir des conséquences durables.
Entre soutien du public et contestation
Malgré ces incidents, les spectacles d’Ary Abittan continuent d’attirer un public nombreux. La soirée du 6 décembre affichait complet, témoignant d’un soutien qui demeure important pour l’humoriste.
La tension entre le droit à la présomption d’innocence et la volonté de certains collectifs de maintenir une vigilance face aux accusations de violences sexuelles reste palpable, illustrant un débat sociétal plus large sur la place des personnalités controversées dans l’espace public.




