
Personnage hors du commun de la criminalité financière française, Marco Mouly continue de fasciner par son parcours atypique. Condamné à plusieurs reprises pour des fraudes fiscales de grande ampleur, cet homme de 60 ans a récemment livré des confidences inattendues sur son enfance et ses difficultés avec la lecture et l’écriture.
Les confessions de Marco Mouly dans l’émission de Jordan De Luxe
Le lundi 23 mars, celui que l’on surnomme le « roi de l’arnaque » était l’invité de Jordan De Luxe dans l’émission Le Jet de Luxe. Lors de cette intervention médiatique, il a évoqué des aspects méconnus de sa vie personnelle.
Figure emblématique de la fraude à la taxe carbone, Marco Mouly a surpris en révélant n’avoir jamais fréquenté les bancs de l’école. « Jamais, jamais, jamais. Je regrette de ne pas avoir été à l’école », a-t-il confessé face caméra.
Une enfance tunisienne et un départ à contrecœur
Né à Tunis de parents juifs tunisiens, Marco Mouly a quitté son pays natal à l’âge de 8 ans pour rejoindre la France. Il s’est ensuite installé dans le quartier populaire de Belleville, à Paris.
« Je ne voulais pas quitter la Tunisie », confie-t-il avec nostalgie. Il garde un souvenir ému de La Goulette, où il a passé ses premières années.
La nostalgie d’une vie plus simple
L’escroc repenti compare son existence tunisienne à sa vie européenne avec une certaine amertume. « J’habitais La Goulette et c’est tellement beau… Il n’y a qu’en Europe que tu as besoin de gagner ta vie », explique-t-il.
Il poursuit en évoquant la philosophie de vie de ses parents : « Là-bas, un peu te suffit. Nos parents nous disaient ‘un peu de pain, un peu d’huile d’olive, des olives, et tout est bon’ ».
L’illettrisme : un handicap au quotidien
Marco Mouly n’a jamais appris à lire ni à écrire, une situation qu’il qualifie de très handicapante dans la vie de tous les jours. Cet illettrisme lui rend parfois les choses « très, très compliquées ».
Pourtant, il relativise l’importance de l’enseignement scolaire traditionnel. « Je regrette parce que j’aurais dû faire un minimum. Mais tu sais, l’école de la rue, je pense qu’elle est plus importante », argue-t-il.
Une référence à Gad Elmaleh
Pour justifier sa vision, il cite l’humoriste Gad Elmaleh : « Tu sais, quand Gad Elmaleh disait dans un sketch ‘Est-ce qu’on s’est déjà servi d’un compas quand on est sorti de l’école ? Non’ ».
Il ajoute sa propre analyse : « En vérité, à l’école, une fois que tu apprends à lire et à écrire, le reste se fait dehors ».
Un génie des chiffres malgré tout
Incapable de déchiffrer un texte, Marco Mouly possède néanmoins un talent naturel pour le calcul mental. Une compétence qui lui a été particulièrement utile dans ses activités frauduleuses.
« Il paraît que je sais compter », ironise-t-il. « Qui est-ce qui ne sait pas compter ? C’est facile de compter de l’argent, je n’ai pas besoin de compter autre chose. Ce n’est que des chiffres, et tu rajoutes à chaque fois un zéro. Il n’y a pas plus facile que de compter de l’argent ».
Un parcours judiciaire chargé
En 2016, Marco Mouly a été condamné à huit ans d’emprisonnement et un million d’euros de dommages et intérêts pour son rôle dans la fraude à la TVA sur les quotas de carbone.
Lors de ce procès, son illettrisme avait déjà été mis en avant. Un magistrat avait alors observé : « Il est quasi illettré et le revendique, ce qui en fait un personnage assez exceptionnel dans la galaxie. Mais il sait compter et c’est tout sauf un idiot ».
De nouvelles poursuites judiciaires
Libéré le 2 novembre 2024 après avoir été extradé d’Italie vers la France en juillet 2025, Marco Mouly n’a pas profité longtemps de sa liberté.
En janvier 2026, il a de nouveau comparu devant la justice à Rennes, cette fois pour une nouvelle fraude à la TVA dans le secteur de la téléphonie. Un énième chapitre dans la saga judiciaire de cet escroc aux multiples facettes.




