
Icône discrète de la chanson française, Jean-Jacques Goldman a toujours entretenu un rapport singulier avec la notoriété. L’artiste, plébiscité par le public depuis des décennies, refuse obstinément la surexposition médiatique. Pourtant, lorsqu’une polémique enfle sur les réseaux sociaux, il choisit une riposte inattendue : l’humour.
Une riposte humoristique au bad buzz des Enfoirés
En 2015, une chanson écrite par Goldman pour les Enfoirés déclenche une vague de critiques sur Internet. Certains internautes la qualifient de « réac », alimentant une controverse rapidement relayée par les médias.
Plutôt que d’ignorer ou de se justifier, l’auteur-compositeur opte pour l’autodérision. Il participe à un sketch diffusé dans Le Petit Journal sur Canal+, transformant la polémique en moment de second degré.
Un tournage improvisé à la montagne
Éric Metzger et Quentin Margot, qui ont participé à ce projet rappelé par l’INA en 2023, révèlent les coulisses de cette intervention décalée. « Il voulait intervenir sur le terrain de l’humour », expliquent-ils.
Le sketch s’est écrit en quelques heures seulement. « On a écrit un sketch en quelques heures. On l’a rejoint à la montagne. Quand on l’a lu avec lui, on s’est rendu compte que ce serait encore plus drôle de faire une interview très dramatique. Il était à fond dans l’autodérision alors on l’a tournée. Et puis, après, on a partagé des carottes râpées », racontent les deux créateurs.
Une carrière construite loin des projecteurs
Auteur de tubes intemporels comme « Je te donne », « Encore un matin » ou « Il suffira d’un signe », Goldman a marqué plusieurs générations. Sa plume a également fait briller Céline Dion, Johnny Hallyday et bien d’autres artistes.
Malgré ce succès phénoménal, il demeure l’une des personnalités préférées des Français tout en restant volontairement à l’écart de la médiatisation.
Un rejet total de la presse people
Yves Derai, ancien directeur de Tribune juive, témoigne de cette position radicale. Pour obtenir un entretien, il a dû signer une lettre d’engagement stricte : pas de couverture promotionnelle. « Il ne voulait pas qu’on vende sur son nom », rappelle-t-il.
Une philosophie ancrée dans l’humilité
Goldman justifiait son refus de la surexposition par une réflexion profonde sur les priorités médiatiques. « Le jour où mon album est sorti, quatre journalistes sont morts en Afghanistan. Je ne veux pas que ma photo remplace la leur », déclarait-il.
Son équipe orchestrait d’ailleurs une diffusion limitée de ses albums auprès des journalistes, stratégie délibérée pour éviter les mécanismes du star-system.
L’artiste assumait pleinement ce choix de vie : « Se raconter dans les pages people ou avoir sa photo à la devanture des kiosques à journaux, ça change la vie. En ce qui me concerne, je n’y tiens pas. »




