
Le 10 mars dernier, lors d’une commission d’enquête sur les violences dans le milieu du cinéma, Jean Dujardin a levé le voile sur les coulisses des scènes intimes. L’acteur oscarisé a partagé ses méthodes et réflexions sur ces moments souvent délicats à tourner, révélant une facette méconnue de son métier.
« Quand on arrive sur un tournage, c’est inhibant »
Jean Dujardin, connu pour son rôle iconique dans « OSS 117 », a surpris l’audience en partageant son expérience personnelle des scènes d’amour. « Quand on arrive sur un tournage, c’est inhibant. Alors imaginez, sur ces scènes-là surtout, pour un pudique comme moi, c’est très difficile », a-t-il confié. L’acteur a même révélé qu’une de ses partenaires lui avait proposé de prendre un petit shot de vodka pour se détendre avant de tourner. « Quand on caresse quelqu’un dans un film, on ne peut pas faire semblant. Il faut donc arriver à trouver cette espèce de valse avec sa partenaire », a-t-il ajouté.
« Il n’y a pas véritablement de détails »
Selon Jean Dujardin, les scénarios de films ne détaillent que rarement les scènes intimes, se contentant souvent de simples indications comme « ils font l’amour » ou « ils sont sur le lit ». Cette absence de précisions laisse une grande part à l’interprétation des acteurs et à la mise en scène. « Il n’y a pas véritablement de détails, et je sens que l’on va me dire : ‘allez-y, proposez-moi quelque chose et puis on verra…’. C’est un peu ça, on verra », a-t-il déploré.
Pour surmonter son malaise, Jean Dujardin a développé ses propres techniques. « Concrètement, cela peut consister à cacher le sein de ma partenaire avec mon bras. Évidemment, aucun contact et cache-sexe, de toute façon, même quand on est filmé de dos ! » a-t-il expliqué. Il a également mentionné l’absence d’accessoires adaptés pour dissimuler les parties intimes, obligeant les acteurs à improviser avec des solutions comme une chaussette.
Jean Dujardin a également abordé l’impact du mouvement #MeToo sur l’industrie cinématographique. « Je fouille le grenier de ma vie, mais je n’ai pas vraiment vécu d’agression sexuelle, d’expérience gênante ou tordue. Je suis d’accord : il y a forcément des choses que nous avons loupées sur les plateaux. Évidemment. Des lourdeurs. Des choses qui nous semblaient totalement anodines », a-t-il reconnu. Il a salué les avancées permises par ce mouvement, qui a contribué à améliorer les conditions de tournage et à sensibiliser davantage les professionnels du cinéma.