
Le service public audiovisuel français opère un virage à 180 degrés dans sa couverture du plus prestigieux festival de cinéma mondial. Pour la première fois depuis des années, plusieurs dispositifs habituels seront absents de la Croisette en mai prochain.
Cette décision marque un tournant radical dans la stratégie de France Télévisions, contraint de revoir ses priorités face à des difficultés financières croissantes.
Des absences remarquées sur la Croisette
L’absence de Léa Salamé constitue l’un des changements les plus symboliques de cette édition 2025. La journaliste vedette, qui avait fait le déplacement l’année dernière, ne participera pas à la couverture cannoise cette année.
Le journal phare du groupe, le 20 Heures de France 2, renonce également à sa traditionnelle délocalisation sur la Côte d’Azur. Une rupture avec une pratique installée de longue date.
Les matinales ne sont pas épargnées. « Télématin » comme « Franceinfo » restent à Paris, victimes collatérales des restrictions budgétaires imposées au groupe public.
Quelques émissions maintiennent le cap
Malgré ce désengagement massif, certaines productions échappent à la coupe budgétaire. « C à vous » et son complément « C ce soir » continueront d’assurer une présence sur place du 12 au 23 mai.
« La Grande Librairie » et « 20 h 30 le dimanche » figurent également parmi les rescapées de cette cure d’austérité, garantissant une couverture minimale de l’événement.
Une crise financière qui s’aggrave
Ces arbitrages reflètent la situation préoccupante du groupe audiovisuel. Le contexte budgétaire tendu contraint la direction à des choix difficiles dans l’allocation de ses ressources.
Un rapport de la Cour des comptes publié en septembre 2025 dresse un constat alarmant. Les magistrats financiers soulignent une situation critique nécessitant des interventions urgentes.
Des réformes structurelles incontournables
La viabilité du groupe public passe désormais par des transformations profondes. Les experts de la rue Cambon insistent sur l’urgence de réformes structurelles majeures pour redresser la barre.
Face à l’ampleur des difficultés, les critiques et pressions se multiplient. Le Parlement a même décidé d’ouvrir une commission d’enquête parlementaire pour examiner la gestion du groupe et proposer des solutions pérennes.



