
À quelques jours de la journée nationale contre le harcèlement scolaire, la Première dame poursuit son engagement dans ce combat qu’elle mène depuis près de sept ans. Sa visite au centre d’appels 3018 révèle une réalité inquiétante : l’agressivité verbale touche des enfants de plus en plus jeunes, tandis que les victimes font face à une solitude dévastatrice.
Un numéro national au service des jeunes victimes
Le 3018, dispositif central dans la lutte contre le harcèlement, offre une assistance téléphonique et numérique accessible quotidiennement. Opérationnel 365 jours par an de 9h à 23h, ce service permet aux victimes de signaler les situations de harcèlement et d’obtenir une aide concrète.
Lors de sa visite, Brigitte Macron a pu échanger avec les équipes qui œuvrent sans relâche pour répondre aux appels de détresse. «Les mots sont de plus en plus violents, dès la primaire», a-t-elle constaté avec inquiétude.
Un phénomène qui touche majoritairement les adolescentes
Les statistiques révélées lors de cette visite dressent un portrait préoccupant des victimes. L’âge moyen des personnes contactant le 3018 est de 13 ans, avec une surreprésentation féminine atteignant 60%.
Ces jeunes filles sont particulièrement ciblées par des attaques concernant leur apparence physique ou des rumeurs sur leur vie intime. Un cyberharcèlement genré qui laisse des traces psychologiques profondes chez ces adolescentes en pleine construction identitaire.
Une action rapide contre les contenus illicites
L’un des atouts majeurs du dispositif 3018 réside dans sa capacité d’intervention directe sur les plateformes numériques. Les équipes spécialisées peuvent obtenir le retrait de contenus problématiques en quelques heures seulement, offrant ainsi une solution concrète aux victimes.
L’expérience personnelle d’une enseignante engagée
Avant son rôle de Première dame, Brigitte Macron était professeure. Cette expérience lui a permis de développer une approche pragmatique face au harcèlement. «Je tenais à faire savoir au harceleur que j’étais au courant. Car quand le professeur le sait, c’est une autre histoire… Cela calmait les choses», a-t-elle partagé.
Cette méthode, basée sur la transparence et l’autorité bienveillante, reste au cœur de sa vision pour lutter contre ce fléau qui touche des milliers d’élèves chaque année.
De victime à porte-parole
Récemment, dix personnes ont comparu devant la justice parisienne pour cyberharcèlement envers la Première dame. Une situation personnelle douloureuse qui n’a fait que renforcer sa détermination.
«Je me suis mobilisée dès 2017, bien avant que cela m’arrive», a-t-elle précisé, refusant d’être réduite au statut de victime. Son engagement préexistait à sa propre expérience du harcèlement en ligne.
Elle a poursuivi avec émotion : «Moi, je suis une adulte, j’ai une structure solide autour de moi, et j’ai la chance d’être aidée. Et malgré tout, c’est d’une violence inouïe. Donc imaginez la solitude des jeunes. C’est impensable de ne pas les aider. Je me dois de rester auprès d’eux».
Une solidarité qui dépasse la violence
Face à cette tempête médiatique, Brigitte Macron confie être «très touchée» par les nombreux messages de soutien reçus des victimes de harcèlement : «Ils me disent qu’ils sont avec moi (…) Ce que je reçois de gentillesse et de réconfort est beaucoup plus fort que ce que j’ai à endurer».
Le dialogue intergénérationnel au cœur de la prévention
La Première dame évoque également ses conversations avec ses petits-enfants sur ce sujet sensible. Quand ils lui assurent «mamie, on gère !», elle insiste : «même quand on gère, il faut aller au-delà s’il le faut».
Cette vigilance permanente fait écho à l’engagement présidentiel. Emmanuel Macron milite activement pour une interdiction européenne des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, une mesure ambitieuse qui vise à protéger les plus jeunes.



