
L’actrice ne mâche pas ses mots. Invitée sur le plateau de France 5 pour promouvoir un téléfilm, Mathilde Seigner a profité de l’occasion pour alerter sur les conditions de travail alarmantes du secteur agricole. Un témoignage qui bouscule les idées reçues.
Un téléfilm qui met en lumière le monde rural
Le 4 mars prochain, France 2 diffusera « Au cœur de nos terres », un long-métrage dans lequel Mathilde Seigner tient un rôle central. L’actrice s’est présentée mercredi 25 février dans le talk-show « C à Vous » pour évoquer cette fiction qui explore les défis du monde agricole.
Le film raconte l’histoire d’une famille confrontée aux difficultés de la vie à la ferme. Une œuvre qui résonne particulièrement avec l’actualité sociale du secteur.
Des revenus indignes malgré un travail acharné
Interrogée par Anne-Elisabeth Lemoine, Mathilde Seigner n’a pas hésité à dénoncer la réalité économique dramatique des exploitants agricoles. Ses propos ont été sans appel concernant les rémunérations.
« Ce sont des métiers qui sont très très durs. Je ne dirais pas là dans la ferme dans laquelle on a tourné le salaire qu’il se donne. Et c’est une ferme qui marche bien puisqu’ils vendent leur lait à l’usine Saint-Marcellin. Donc il s’en sortent mieux que les autres mais si vous saviez. C’est une honte quoi ! », a-t-elle déclaré avec véhémence.
Une transmission compromise
La comédienne a également abordé la question de la transmission générationnelle. Quand l’animatrice l’a questionnée sur l’avenir des enfants d’agriculteurs, elle a confirmé une triste réalité.
« Mais le personnage de Caroline Proust le dit à sa fille. Ma fille ne sera pas agricultrice et c’est vrai que les parents ont pas envie », a-t-elle expliqué, avant de nuancer : « Alors ils sont heureux souvent quand les enfants reprennent l’affaire parce qu’il y a quand même quelque chose de la transmission. »
Les femmes, piliers invisibles de l’agriculture
L’actrice a souhaité mettre l’accent sur un aspect méconnu du secteur : le rôle essentiel des agricultrices. Une dimension centrale dans le récit du téléfilm.
« Le film aurait pu s’appeler au cœur des femmes, c’est des femmes à l’honneur et ça j’y tenais de plusieurs de générations différentes », a-t-elle affirmé avec conviction.
Une réalité qui brise les stéréotypes
Dans le film, ce sont les personnages féminins qui maintiennent l’exploitation après l’accident cardiaque du frère de Mathilde Seigner. Anne-Elisabeth Lemoine a souligné cette dynamique : la mère, la belle-sœur, la nièce et son personnage assurent la continuité de la ferme.
« C’est un métier d’homme dans l’imagination des gens. Même nous Parisiens. On imagine qu’il y a des hommes. Il y a des hommes. Mais il y a des femmes derrière. Et notamment une nouvelle génération d’agricultrices », a observé la comédienne.
Un engagement de longue date
Ce n’est pas la première fois que Mathilde Seigner incarne un personnage lié au monde rural. Elle a rappelé une expérience cinématographique marquante aux côtés de Michel Serrault.
« Moi déjà dans Une Hirondelle, je partais. Je quittais tout pour faire de l’agriculture. Oui, c’était des chèvres. Il y avait des chèvres aux côtés de Michel Serrault ! », a-t-elle évoqué avec nostalgie.


