
Le monde des médias français est secoué par une double procédure judiciaire qui interroge la parole des victimes et les limites de la liberté d’expression. Accusée de diffamation après avoir témoigné d’une agression, une professionnelle de la télévision se retrouve sous le feu des projecteurs pour avoir osé briser le silence.
Un livre qui déclenche une bataille juridique
En mars 2024, Marie Portolano publie « Je suis la femme du plateau », un ouvrage dans lequel elle relate son expérience dans l’univers télévisuel. Ce témoignage ne tarde pas à provoquer une réaction virulente : Pierre Ménès engage des poursuites pour diffamation contre la journaliste.
La comparution devant le tribunal a eu lieu en septembre 2026, plaçant l’ancienne consultante sportive dans une position qu’elle n’avait jamais imaginée : celle d’accusée.
L’objectif d’une dénonciation collective, non personnelle
Face aux accusations, Marie Portolano rejette fermement toute volonté de nuire. Elle précise que son intention n’était pas de détruire la carrière de qui que ce soit, mais bien de mettre en lumière un système plus large.
Selon elle, il s’agissait de dénoncer un environnement permissif qui a longtemps prévalu dans le secteur audiovisuel, particulièrement avant la vague #MeToo. Son combat dépasse le cadre d’une vendetta personnelle.
Un sentiment d’injustice
La journaliste exprime son incompréhension face à cette situation judiciaire. Se retrouver accusée après avoir raconté une agression subie en 2016 lui semble profondément paradoxal et troublant.
De son côté, Pierre Ménès lui reproche d’avoir sciemment cherché à ternir son image publique, une accusation que l’intéressée conteste catégoriquement.
Deux procès en miroir
L’ironie de la situation réside dans le calendrier judiciaire. Tandis que Marie Portolano attend le verdict de son procès en diffamation, prévu pour début novembre 2026, Pierre Ménès doit lui-même comparaître quelques jours plus tard.
L’ancien chroniqueur sera en effet jugé mi-novembre 2026 pour harcèlement et agressions sexuelles, ajoutant une dimension supplémentaire à cette affaire complexe.
Un débat sur les pratiques professionnelles
Au-delà du duel juridique, Marie Portolano souhaite recentrer les discussions sur l’essentiel. Elle appelle à une réflexion collective sur les pratiques professionnelles dans les médias et leur évolution depuis le mouvement #MeToo.
Pour elle, il ne s’agit pas d’attaques personnelles mais d’une nécessaire remise en question d’un milieu qui a trop longtemps fermé les yeux sur certains comportements.
Cette double procédure illustre la tension permanente entre la protection de la réputation et la libération de la parole des victimes, un équilibre que la justice devra trancher dans les semaines à venir.



