
Icône du patinage artistique français, Surya Bonaly a marqué l’histoire de sa discipline par son talent exceptionnel et son audace. Mais derrière les performances spectaculaires se cache un parcours semé d’obstacles, notamment liés à la couleur de sa peau. Aujourd’hui installée aux États-Unis, elle évoque son passé, ses combats et ses projets d’avenir.
Une carrière marquée par les discriminations raciales
Adoptée bébé par un couple du sud de la France, Surya Bonaly intègre l’équipe nationale de patinage artistique dès l’âge de 12 ans. Mais sa présence sur la glace ne passe pas inaperçue : elle fait partie des rares femmes noires dans ce milieu à l’époque.
Cette différence devient rapidement source de remarques désobligeantes. « On ne disait jamais ‘la patineuse blanche’. Mais on disait pour moi : ‘la Noire’. C’était une façon gratuite d’écraser les gens pour se sentir plus fort », confie-t-elle.
Malgré ces obstacles, elle s’impose comme l’une des meilleures représentantes de sa discipline au niveau international. Son ambition ? Bousculer les codes d’un sport ultra-normé.
« Je visais toujours plus haut dans ce sport très normé. (…) Il n’y a pas eu beaucoup de patineurs de couleur au niveau mondial. J’espère avoir donné l’exemple », déclare-t-elle avec fierté.
Le backflip de Nagano : un geste de rébellion devenu légendaire
1998 restera gravé dans les mémoires du patinage artistique. Aux Jeux Olympiques d’hiver de Nagano, Surya Bonaly réalise l’impensable : un backflip, ou salto arrière, sur la glace.
Une figure interdite qui coûte cher
À l’époque, cette acrobatie spectaculaire était formellement interdite en compétition. Un règlement qui n’a été levé qu’en 2024. Ce geste audacieux lui coûte une médaille olympique, mais lui offre une place unique dans l’histoire du sport.
« J’ai l’impression d’avoir apporté quelque chose à mon sport. Un peu de couleurs et de vie. (…) Ça a participé à rendre le patinage agréable à regarder à la télévision », estime la patineuse.
Une nouvelle vie de l’autre côté de l’Atlantique
En 1999, Surya Bonaly quitte la France pour les États-Unis. Elle s’installe à Las Vegas où elle réside depuis plus de deux décennies. Après sa carrière sportive, elle participe notamment au spectacle Holiday on Ice.
Professeure dans une école internationale reconnue
En 2015, après avoir célébré les 70 ans d’Holiday on Ice, elle range définitivement ses patins de compétition. Elle se consacre désormais à la transmission de son savoir au Minnesota.
« Ça fait déjà plus de 20 ans que j’ai emménagé à Las Vegas. Et depuis 2015, j’ai raccroché les patins… Juste après les 70 ans d’Holiday on ice. J’ai obtenu un travail dans le Minnesota où il fait très froid l’hiver, mais c’est génial ! Je travaille en tant que professeure de patinage dans une école internationale. C’est un pensionnat sport-études reconnu dans le monde entier. Il accueille des élèves de 18 pays différents de la 6ème jusqu’au baccalauréat », explique-t-elle.
Cette école internationale accueille des jeunes talents venus de 18 pays différents, de la sixième jusqu’au baccalauréat.
Un retour en France envisagé pour la pré-retraite
Après plus de vingt ans d’absence, Surya Bonaly songe à rentrer au pays. Mais ce projet reste conditionné à des revenus fixes et stables.
« Bien sûr, j’ai envie de revenir en Europe ou en France. Mais il faudrait que j’y trouve un travail avec des revenus fixes. (…) Je vais peut-être faire encore deux ans aux États-Unis et revenir pour la pré-retraite… Mon papa vit en Savoie et j’ai beaucoup de famille à Nice », confie la patineuse.
Son père réside en Savoie et une grande partie de sa famille se trouve à Nice, autant de raisons qui la poussent à envisager ce retour aux sources d’ici deux ans environ.
Une présence médiatique toujours active
Récemment, elle a fait une apparition remarquée dans l’émission « Les Apprentis champions au ski » diffusée sur W9, aux côtés de Philippe Candeloro et Nelson Monfort.




