19 mars 2026

Arthur H regrette les « secrets » de la capitale. Paris a-t-il perdu son âme ?

Le fils de Jacques Higelin revient sur ses souvenirs d’enfance dans le Marais des années 1970. Un quartier populaire, mystérieux et spontané, radicalement transformé par la gentrification. Entre nostalgie et constat lucide, l’artiste livre sa vision d’une ville en mutation.

Un terrain de jeu façonné par les ruines et les terrains vagues

Né en 1966 dans le 17e arrondissement de Paris, Arthur H a grandi dans le 4e, autour de Saint-Paul. À cette époque, le quartier n’avait rien à voir avec la destination touristique actuelle. Les rues, moins rénovées, abritaient des immeubles parfois délabrés et de nombreux hôtels particuliers abandonnés.

« Quand j’étais petit c’était un quartier populaire. Il y avait tous ces hôtels particuliers qui étaient inhabités et en ruine », se souvient le chanteur. Ces espaces en friche constituaient autant de terrains d’aventure pour les enfants du quartier.

La vie s’organisait dehors, dans la rue. « Mon meilleur ami était le fils de la concierge d’un immeuble d’une rue parallèle et à l’époque nous étions souvent dehors », raconte-t-il. Les boutiques modestes et les cafés sombres mais animés rythmaient le quotidien de ce Paris populaire.

Des souvenirs empreints de magie et de mystère

« Il y avait beaucoup de terrains vagues, beaucoup d’endroits mystérieux », confie Arthur H. Ces lieux abandonnés nourrissaient l’imaginaire des enfants, comme en témoigne l’anecdote d’une jeune fille plus âgée qui fascinait le petit Arthur.

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Elle prétendait avoir caché un trésor dans une bouche d’aération. « Nous étions fascinés par cette fille qui nous semblait magique », se remémore-t-il. Ces récits et ces espaces secrets ont marqué son rapport à la ville et à la création.

Saint-Paul, symbole d’une gentrification massive

Le Marais a connu une transformation radicale depuis les années 1970. Les hôtels particuliers ont été restaurés, les galeries d’art se sont multipliées et le tourisme a pris une ampleur considérable.

« Saint-Paul, ce n’est quasiment plus le même endroit », constate l’artiste avec une pointe de mélancolie. Les petites boutiques et cafés d’autrefois ont cédé la place aux enseignes haut de gamme et aux marques internationales.

« Maintenant c’est un quartier touristique, à la fois de tourisme de masse et de tourisme chic », décrit Arthur H. « Tous les petits magasins et cafés ont été remplacés par des boutiques de luxe. L’atmosphère n’a plus rien à voir ».

Une vision poétique de l’urbanité

Installé aujourd’hui dans le 20e arrondissement, près de la place de la Nation, Arthur H continue de nourrir une relation particulière avec Paris. Il se produira d’ailleurs le 17 mars 2026 au Théâtre de l’Atelier, dans le 18e arrondissement.

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Sa ville idéale ? « Ce serait une ville remplie de secrets », répond-il sans hésiter. « Des endroits indépendants, en friche, pas des endroits normalisés et cadrés avec des zones piétonnes pour touristes ».

L’inspiration des espaces cachés

Pour Arthur H, « l’identité de Paris se retrouve dans ses boyaux, dans ses intestins ». Il évoque les couloirs du métro, citant la chanson « Le Poinçonneur des Lilas » de Serge Gainsbourg, hymne aux travailleurs de l’ombre.

Il apprécie également certaines architectures modernistes, comme les tours du 13e arrondissement ou La Défense, qu’il trouve poétiques malgré leur esthétique vieillissante. Il cite le film « Buffet froid » de Bertrand Blier pour illustrer cette esthétique singulière.

L’éloge des villes contrastées

L’artiste admire des métropoles comme Berlin, Rio de Janeiro ou Montréal pour leurs contrastes et leur capacité à préserver des espaces non normalisés. Ces villes incarnent à ses yeux une urbanité vivante et créative.

Paris, avec ses souvenirs d’enfance, ses transformations urbaines et ses espaces cachés, reste pour lui une source d’inspiration constante. Un lien indéfectible avec une ville qui ne cesse de se réinventer, parfois au détriment de son âme populaire.

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