
Alors que TF1 s’apprête à lancer une nouvelle saison de son télé-crochet phare, un visage emblématique des débuts de l’aventure sort du silence. Entre nostalgie et critique constructive, il livre sa vision sans concession des transformations qui ont marqué le programme au fil des années.
Un retour sous les feux de la rampe
Oscar Sisto, figure marquante des premières éditions en tant que professeur de théâtre, fait son grand retour sur le devant de la scène. Du 21 novembre au 31 décembre, il se produira au Théâtre de la Tour Eiffel dans « Lilly, le musical ».
Cette production originale met en vedette Ahcène, ancien participant de la dixième saison, pour qui Oscar Sisto a créé un personnage spécialement conçu. Une collaboration qui témoigne de liens durables tissés au sein du château.
Une liberté d’expression disparue
Dans un entretien accordé à Gala, l’ancien enseignant exprime ses réserves sur l’évolution du format. Son constat s’avère sans appel : les codes ont radicalement changé.
« Quand je regarde des images de l’époque, je me dis qu’il y avait une liberté d’expression intéressante qui ne peut plus exister aujourd’hui. Les temps ont changé », confie-t-il avec une pointe de regret.
L’exigence devenue taboue
Le pédagogue regrette particulièrement la difficulté actuelle d’exercer une vraie exigence pédagogique. La façon de s’adresser aux apprentis artistes a profondément évolué, selon lui.
« Aujourd’hui, dire à quelqu’un : ‘Ce n’est pas bien ce que tu viens de faire’, c’est presque perçu comme une agression personnelle ou du harcèlement. Pour moi, la bienveillance, c’est d’abord de l’exigence, surtout vis-à-vis d’un artiste », explique-t-il.
Une école d’excellence avant tout
Oscar Sisto rappelle que sa démarche s’inscrivait dans une tradition exigeante, partagée avec d’autres formateurs emblématiques comme Raphaëlle Ricci et Kamel Ouali.
« J’avais joué le jeu à fond : pour moi, c’était une académie où l’on venait apprendre, et cela demande de l’exigence. Quand j’ai commencé la musique, la danse et le théâtre, mes professeurs étaient très exigeants. J’avais gardé ça. Kamel et Raphaëlle Ricci l’étaient aussi. Aujourd’hui, on ne pourrait plus dire les mêmes choses, je pense, et c’est dommage », poursuit-il.
La porte reste ouverte
Malgré ses critiques, le professeur de théâtre ne rejette pas l’idée d’un retour éventuel. Une masterclass ponctuelle ne serait pas hors de question.
« Bien sûr ! Je n’ai aucun ego par rapport à ça. Dans les gares ou les aéroports, les gens s’approchent et me disent : ‘Vous nous manquez, quand est-ce que vous revenez ?’ J’ose espérer qu’à chaque retour, quelques personnes sont heureuses de me revoir. Je ne dirai jamais non quand on m’invite », assure-t-il.
Mosimann validé
Oscar Sisto salue également le choix de Mosimann pour succéder à Michael Goldman à la direction de l’académie. Il lui reconnaît « la rigueur et le discernement nécessaires » pour assumer cette responsabilité.
Un message aux futurs candidats
Aux académiciens de la nouvelle promotion, l’ancien formateur adresse un conseil sans détour : la scène ne pardonne pas l’amateurisme.
« Il faut être discipliné, honnête et aller au bout de ses désirs. Pas seulement rêver : concrétiser ses souhaits et s’en donner les moyens », recommande-t-il avec conviction.
Pour lui, sa méthode d’enseignement reste inchangée. C’est le contexte sociétal qui a évolué, rendant difficile l’application d’une pédagogie jadis considérée comme normale.



