4 juillet 2026

Sara Forestier dénonce l’inaction face aux violences sexuelles dans le cinéma

Le combat contre les violences sexistes et sexuelles dans l’industrie cinématographique française trouve une voix déterminée. L’actrice multiprimée depuis son plus jeune âge s’impose aujourd’hui comme une figure incontournable de ce mouvement de libération de la parole. Son engagement ne se limite plus aux plateaux de tournage : il s’étend désormais à une remise en question profonde des structures qui protègent les agresseurs.

Une critique sans détour du système

Sara Forestier ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit de pointer les défaillances des institutions. La comédienne interpelle directement les responsables qui ferment les yeux sur les signalements.

« Je trouve ça étonnant mais très bien que la société se pose la question si ce monsieur représente un danger de récidive. Mais on aurait aimé que les employeurs se posent la question plus tôt », déclare-t-elle avec fermeté.

Son message vise notamment le président Macron, qu’elle appelle à renforcer la protection des femmes et des enfants. Elle souhaite également que les associations féministes intensifient leur action pour faire évoluer la législation.

Membre active du mouvement #MeeToo Medias

L’engagement de l’actrice ne se cantonne pas aux déclarations médiatiques. Elle participe activement aux travaux de l’association #MeeToo Medias, qui œuvre pour transformer en profondeur le secteur des médias et du cinéma.

Cette implication prend racine dans son expérience personnelle : elle révèle avoir été victime de violences conjugales, une réalité qui nourrit sa détermination à faire bouger les lignes.

Une position nuancée sur la séparation entre l’œuvre et l’artiste

Face à la question épineuse de l’appréciation artistique d’auteurs accusés de violences, Sara Forestier adopte une posture complexe et sincère.

L’exemple Depardieu

« Gérard Depardieu, c’était mon acteur préféré ! […] Est-ce que ça va faire que je ne vais plus pouvoir regarder des films de lui ? Pas sûr ! », confie-t-elle avec franchise.

Mais cette nuance ne l’empêche pas d’exprimer son malaise face à certaines personnalités. « Vous connaissez l’expression : ‘Je peux plus me le voir’ ? Eh bien moi, il y a des artistes en ce moment que je ne peux plus voir », admet-elle.

Une réflexion sur la justice sociale

L’actrice rappelle un principe fondamental du droit français : « En France, il n’y a pas de peine de mort sociale. Même des gens qui ont commis des meurtres peuvent continuer à travailler. »

Cette observation soulève une interrogation centrale : comment concilier justice, réhabilitation et protection des victimes ?

La sécurité sur les tournages comme priorité

La protection des équipes techniques et artistiques constitue l’un des chevaux de bataille de Sara Forestier. Elle insiste sur la nécessité d’instaurer des protocoles stricts lors des productions.

Son parcours, jalonné de distinctions dès ses débuts, lui confère une légitimité pour porter cette parole exigeante. Elle utilise sa notoriété comme levier pour transformer durablement l’industrie.

Entre prises de position fermes et questionnements personnels, l’actrice incarne une génération d’artistes qui refuse le silence complice. Son combat s’inscrit dans une dynamique collective visant à rendre le cinéma français plus sûr et plus respectueux.

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